Droit de Réponse Philosophie magazine

Le Professeur Jean Dessens a accepté de répondre à une interview du journaliste Alexandre Lacroix qui disait s’intéresser aux questions philosophiques liées à l’utilisation du geo-engineering pour contrer les effets du réchauffement climatique. Les techniques déployées par l’Anelfa ne font pas partie du geo-engineering compte tenu de leur échelle et finalement l’article paru dans le N°144 de Philosophie magazine semble avant tout destiné à relayer des questions écologiques pour étayer le parti pris du journaliste.

Ecrire « En période de sécheresse, il peut paraitre délirant d’éloigner les rares averses » relève en effet d’un parti pris puisqu’aucune étude n’a montré que les ensemencements étaient responsables de la sécheresse alors que de nombreuses expérimentations dans le monde utilisent cette technique pour augmenter les précipitations avec des résultats encourageants.

Les interrogations sur l’impact environnemental lié à l’utilisation de l’iodure d’argent sont légitimes et contrairement à ce que semble indiquer l’article, les réponses à celles-ci font l’objet d’études par des scientifiques qui publient les résultats de leurs travaux dans des revues à comité de lecture. Les quantités dispersées en France (moins d’une tonne par an) et le fait que l’iodure d’argent soit insoluble dans l’eau sont les deux principales caractéristiques qui permettent de répondre aux accusations basées sur la dangerosité des ions argent pour les micro-organismes et les poissons. La position de l’Organisation Météorologique Mondiale qui suit ces questions de manière indépendante est la suivante : « les études publiées ont montré qu’il n’y a pas d’impact significatif de l’iodure d’argent tel qu’il a été utilisé dans les opérations de modification du temps, tant sur le plan de la santé humaine que sur celui de l’environnement ».

L’association ne voit aucun inconvénient à ce qu’une étude indépendante puisse être menée sur ces questions écologiques si cette étude fait appel à des scientifiques reconnus dans ce domaine qui la soumettront à la critique de leurs pairs.

L’Anelfa travaille en parfaite transparence, elle se conforme à la réglementation française et continuera à s’y conformer si celle-ci évolue. En l’état actuel des connaissances, rien ne justifie un moratoire sur l’utilisation de l’iodure d’argent pour lutter contre la grêle sinon à en proposer un pour toute substance utilisée par l’homme. Pourquoi pas un moratoire sur le chlorure de sodium puisque le chlore est très toxique et qu’un million de tonnes de ce produit sont déversées chaque année dans l’environnement pour saler nos routes en hiver ?

Depuis 60 ans, notre objectif est d’atténuer les conséquences d’une situation concrète : la perte en quelques instants du fruit du travail quotidien des producteurs agricoles à cause d’une chute de grêle. Il est d’ailleurs dommage que des informations tendancieuses sur notre action servent à diviser les viticulteurs et les éleveurs alors que la solidarité est à la base même de notre activité.

Nous comprenons que notre action puisse soulever des questions et nous sommes attachés à des réponses étayées par la science. Néanmoins, nous n’acceptons pas de servir de bouc émissaire aux problèmes de sécheresse rencontrés par des zones peu habituées à ce fléau parce qu’il est plus facile de désigner un coupable plutôt que d’admettre l’impact négatif du réchauffement climatique.

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